Actualités du groupe patrimoine des fontaines de Lanmeur

fontaines lanmeur 01En ce début d’année, le groupe se remet en ordre de marche avec une réunion le 23/01 qui a permis d’accueillir de nouveaux volontaires, plus d’une dizaine à ce jour, et de faire le point sur les actions à venir. Et de prendre tout de suite la décision d’installer la collection géologique (travaux réalisés pour l’exposition de 2005-2006) et ses panneaux explicatifs au rez de chaussée de la petite maison avec l’accord de la mairie.
Un circuit-visite de nos fontaines a été organisé le mardi 12/02 pour examiner l’état des sites et définir les priorités d’action en veillant à intervenir avant qu’il ne soit trop tard pour certaines qui sont sur le point de disparaître complètement.
fontaines lanmeur 02En 2017, nous avions nettoyé et débroussaillé Lesisquin au Nord Ouest de la commune et c’est désormais une grande satisfaction de revoir cette fontaine dégagée des arbres et des ronces, accessible par le chemin communal, rétabli, empierré et entretenu par la commune mais la nature reprend très vite ses droits et il faudra s’en occuper cette année si on ne veut pas perdre le bénéfice des efforts déjà déployés. La fontaine mérite par ailleurs de retrouver un encadrement végétal qui mette le monument en valeur et redonne au site tout son charme.
En 2018 ce fut le tour de Keranhor et de kermerchou dont les bassins ont émergé de leur gangue de ronces et de boues. Pour Keranhor visible de la route, la commune a complété par un élagage et un empierrement de l’accès qui rendent la poursuite des opérations plus facile. Pour Kermerchou située à 50m de la route, il y a nécessité de buser au pied du talus l’écoulement des eaux du chemin et de recréer le sentier d’accès à la fontaine par-dessus.
fontaines lanmeur 03Il va falloir aussi penser aux poteaux indicateurs indispensables pour attirer l’attention des promeneurs.
Outre celles déjà citées, le circuit a permis de voir Kermouster, bien entretenue par la famille proche mais dont un mur de soutènement présente un ventre inquiétant qui appelle l’intervention de professionnels ; par ailleurs, le chemin communal partant de Kermouster pour rejoindre Dour Ar Louet mérite d’être réhabilité comme indiqué sur le PLU avant de disparaître complètement grignoté par l’écroulement des talus et l’élargissement des champs.
fontaines lanmeur 04A Lestourduff en contre-bas des bâtiments d’élevage de poulets, la fontaine visible il y a deux ans a disparu et le lieu est gagné par des dépôts divers et la sauvagerie.
Keriziou a été redécouverte ou découverte avec enthousiasme par les membres du groupe, tous tombés sous le charme de cette fontaine qui ne demanderait pas de lourdes interventions et serait facilement raccordée au circuit du Lapic, sentier de promenade prisé des lanmeuriens.
La matinée s’est achevée avec la visite des fontaines du centre bourg, Rutraon (propriété privée), Penfeunten, Ruscoen et ND de Kernitron.
Après la pause déjeuner à la petite maison du fossoyeur, l’après-midi a été consacré aux 3 fontaines du Nord Ouest citées plus haut, puis au très bel ensemble de Keropars (propriété privée) et pour finir au lavoir oublié qui se meurt dans les bois entre Kerbourand et le Traon. Les animateurs nature du CPIE qui s’étaient joints au groupe ont révélé la faune de ces bassins, plusieurs abritent des tritons, des salamandres, des larves de libellules etc… ces animaux résistent alors que crapauds et grenouilles ont bien diminué avec la disparition des insectes. Entretenir judicieusement les lavoirs c’est contribuer à entretenir ce qui reste de biodiversité. Au final une journée fructueuse qui redonne un peu de visibilité à ce petit patrimoine domestique qui a joué un rôle si important dans la vie de nos ancêtres et que nous avons le devoir de sauvegarder et de transmettre.

 

fontaines lanmeur 26Les lanmeuriens amoureux des fontaines persistent et progressent avec les encouragements et l’aide efficace de la commune.
Des élus attachés à la sauvegarde du petit patrimoine local avaient eu l’occasion de constater le travail de défrichement et de nettoyage effectué par les membres du groupe patrimoine à la fontaine de Lezisquin près de la maison d’Hamon Lavis qui nous a quittés il y a quelques mois. Hamon Lavis nous avait alors fait passer par sa propriété pour arriver jusqu’à la fontaine car le chemin public d’accès était complètement envahi par la végétation, obstrué par
des arbres et absolument impraticable. Nous avions nettoyé de notre mieux ce qui n’était plus qu’un marécage, dégageant la fontaine et le bassin, débarrassant les abords des arbres et broussailles et rétablissant l’écoulement
normal des eaux.
La commune a pris le relais avec efficacité.
Hamon Lavis n’aura pas eu hélas la satisfaction de voir le chemin public vers sa chère fontaine dégagé, nettoyé et à nouveau praticable grâce à l’action des élus qui ont fait intervenir une entreprise pour mener à bien ce gros travail de défrichage.
Le résultat est spectaculaire.
Pour y aller, route de Plougasnou tourner à droite au Boulva vers la déchetterie et prendre ensuite la 1ère à droite (fléché gîte rural), le chemin s’ouvre tout de suite à gauche vers la fontaine toute proche.
L’entretien du chemin et de la fontaine sera assuré par les chantiers d’insertion de l’Ulamir et le rattachement de Lezisquin au circuit de promenade proche est désormais envisageable.
Lezizquin n’est qu’une des fontaines de Lanmeur repérées par le groupe patrimoine comme pouvant faire aussi l’objet d’une redécouverte et d’une réhabilitation.
Emile Pinçon trouvait 12 sites dans son inventaire de 1990, nous en recensons 21 dignes d’intérêt et méritant redécouverte et mise en valeur comme l’a fait la commune pour Kernitron ou Ruscoen.
fontaines lanmeur 27Ces 21 fontaines, privées pour certaines, embellissent notre campagne, portent témoignage de la vie des générations qui nous ont précédés et sont notre patrimoine commun.
Il nous faut les préserver de l’abandon et de l’oubli qui mènent à leur disparition.
Ce sont : Convenant an Dour, Kerangoff, Keranhor, Kerbourand (le traon), Kerellou, Kergonan, Kerguillerm, Keriziou, Kermerchou, Kermouster, Kernitron, Keropars, Kerorven, Lestourduff, Lesisquin, Pen ar C’hra, Rozampoten, Run ar C’hrajou, Ruscoen, Rutraon, Saint Melar.
Pour les repérer, se reporter à la carte publiée dans un numéro précédent.
Nous établissons une fiche signalétique pour chaque fontaine qui fait l’objet d’un dossier complet avec la fiche signalétique, la fiche Pinçon quand elle existe, les extraits de cadastre napoléonien et moderne, les photos, aérienne, ancienne et récente, extraits d’ouvrages de référence etc… et nous serions très heureux d’accueillir toutes les informations complémentaires que vous pourriez nous apporter pour avoir entendu un(e) ancien (ne) évoquer ses souvenirs à propos de l’une ou l’autre fontaine.
fontaines lanmeur 28Par ailleurs, la conservation et la transmission du patrimoine sont de la responsabilité de tous et nous serions contents de venir soutenir et aider les habitants d’un quartier qui voudraient prendre en mains le sort de « leur » fontaine comme à Lezisquin.
Il suffit de signaler votre intérêt, vos souvenirs, vos informations, vos suggestions pour d’autres « petits » patrimoines ou vos projets à l’accueil de L’Ulamir, Coralie nous transmettra.
Quant à nous, nous poursuivons le travail à commencer par l’aide à l’entretien de Kermouster le 21 juin, bel exemple d’une fontaine communale préservée par la famille voisine au bénéfice de tous.
A bientôt avec l’espoir qu’il y aura d’autres épisodes à vous conter pour cette série sur les fontaines…

R.Claudel, S.Duplant, Y.Lazennec, Y.Le Corvaisier, N.Rué.

 

La fontaine de Lesisquin

NOM : Lesisquin
Lisiscun en 1541, Lezisquin (Cassini) Lez : château primitif isquin : domaine de Iskin ou le manoir de la Laiche (scirpe plante des terres humides)
LOCALISATION : Nord ouest de la commune voir plan
Département : 29 Finistère
Commune (INSEE) : 113 Lanmeur

CADASTRE Napoléonien

fontaines lanmeur 05
section : A
feuille : 1

CADASTRE actuel 1906

fontaines lanmeur 06
Section : A

COORDONNEES GPS :
NORD : 48 40 11,98 OUEST : 3 44 53,43
ALTITUDE : 93,41 m
Carte IGN : 29 0615 ET
BASSIN VERSANT : Donnant St Jean du Doigt
ORIENTATION de l’axe d’écoulement des eaux ouest – nord-ouest

PROPRIETE : Communale
MATERIAUX de construction : : pierre bleue dite de « ferrant », bordure du lavoir en ardoises de Locquirec.

fontaines lanmeur 07

DIMENSIONS du monument : H : 0,70 m L : 2,45 m
DIMENSIONS du bassin fontaine : L : 2,45 m l : 2,25 m P : 0,46 m

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Lavoir alimenté par une rigole longue de 2,15 m :
DIMENSION du lavoir L : 6,20 m l : 3,75 m
PRATIQUES et CROYANCES : l’eau est réputée fraîche l’été et tiède l’hiver.
« l’endroit est plein de charme et de mystère »
(Histoire locale par Emile Pinçon, Lanmeurlien n°22, juin 1997)

La fontaine de Kermouster

NOM/S : Kermouster Ker : village Mouster : monastère ou village du Moustier (chapelle de 1598 disparue)
LOCALISATION : au bord de l’ancienne route de Plouigneau Lanmeur.
Département : 29 Finistère
Commune (INSEE) : 113 Lanmeur

CADASTRE Napoléonien

fontaines lanmeur 09
Section : E
Feuille : 2

CADASTRE actuel 1906

fontaines lanmeur 10
Section : E9

COORDONNEES GPS :
NORD 48 36 43,47 OUEST 3 44 4,21 (source Géoportail)
ALTITUDE : 112,50 m
Carte IGN : 29 0615 ET
BASSIN VERSANT : Dourduff
ORIENTATION de l’écoulement des eaux : nord, sud
PROPRIETE : communale
MATERIAUX de construction : schiste, granit

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DIMENSIONS de l’ensemble :
DIMENSIONS du bassin fontaine : L : 0,70 m l : 1,15 m P : 0,50 m

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Lavoir alimenté par une rigole creusée dans une dalle de granit
DIMENSION du lavoir : L : 4 m l : 2,45 m P : 0,45 m
HISTOIRE DE LA CONSTRUCTION : La fontaine et le lavoir s’ouvrent sur la route mais sont profondément encastrés dans les terres voisines et limités par des murs de pierre sèches soigneusement appareillées, pierre de grès avec des bandes de pierres de schiste qui s’élèvent à la verticale sur deux mètres. L’ensemble est original et du meilleur effet.
(Histoire locale par Emile Pinçon, Lanmeurlien n°22, juin 1997)

 La fontaine de Kernitron

 NOM : Fontaine de Kernitron. KER = maison/demeure + ITRON = la Dame/vierge ou peut-être Ste Tryphine (épouse du roi Arthur) ou encore Ana (la terre) déesse celtique ?
LOCALISATION : bourg de Lanmeur (à coté de la chapelle du même nom)
Département : 29 Finistère
Commune (INSEE) : 113 Lanmeur

CADASTRE Napoléonien

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section :
Feuille : B 2
Parcelle : 668

CADASTRE actuel 1906

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Section : AB
Parcelle : angle NO du jardin de Kernitron

COORDONNEES GPS :
NORD 48 64 94,52 (source Géoportail )
OUEST 3 91 99,19
Altitude : 115 m
Carte IGN : 29 0615 ET
BASSIN VERSANT : Ruisseau du Moulin de la Rive Orientation de l’écoulement des eaux : de l’Ouest vers l’Est
PROPRIETE : Communale
MATERIAUX de construction : Granit. Dallage et banquette en schiste ardoisier
DIMENSIONS de l’ensemble : H : 10 m L : 4,80 m
Il n’y a pas de monument saillant. Peut-être y en a-t-il eu dans le passé.
L’ensemble est entouré d’une banquette couverte de schiste ardoisier de 40 cm d’assise (Hauteur = 44 cm).
DIMENSIONS du bassin fontaine : L : 1,90 m l : 1,20 m P : 0,40 m
ALIMENTATION d’un lavoir : par une rigole de 2,20 m de longueur et de 0, 15 m de large
DIMENSION du lavoir : L : 4 m l : 2,50 m P : 0,20 m

STATUE (représentation) : une niche vide de faible profondeur cernée par une triple moulure est située au dessus de la banquette ouest derrière le bassin fontaine. Cette niche mesure 55 cm de haut sur 17 cm de large. A l’instant de la rédaction de cette fiche nous ignorons encore si cette niche a pu abriter une statue.
DATE et/ou inscription : Aucune date ou inscription relevée sur le monument.
DATE de restauration : la fontaine a été rénovée en 2006/2007

fontaines lanmeur 15

PRATIQUES et CROYANCES : jusqu’à la première guerre mondiale on y mouillait les bébés qui étaient ensuite roulés sur l’autel de la vierge dans la chapelle voisine et ensuite sur la tombe de l’abbé Clech encore visible aujourd’hui dans l’allée centrale du cimetière et tout près de la chapelle. La croyance populaire voulait que cette opération qui se déroulait dans le premier lundi de Mai garantît à l’enfant d’avoir des jambes bien droites.
Jadis les mères y conduisaient leurs enfants pour qu’ils y fassent leurs premiers pas. On venait aussi y soigner arthrose et rhumatismes comme le prouvaient à une époque les nombreuses béquilles offertes en ex-voto à Notre Dame de Kernitron (« Le chemin des fontaines Bretonnes »).
La référence à un ancien rite païen paraît claire.
OUVRAGES de REFERENCE : Fontaines rurales / Claude Berger
Le chemin des fontaines Bretonnes – R. Deunf
Le Lanmeurlien N°19 de Juin 1996 (bulletin communal)
Autre élément dans l’environnement (bassin à lin...) : aucune découverte particulière.

La fontaine de la crypte St Mélar

NOM : bassin de la crypte de St Mélar / accès dans l’église paroissiale
Nous avons assimilé ce bassin à une fontaine sans qu’il en soit vraiment une mais parce qu’il est alimenté par une source souterraine proche.
Département : 29 Finistère
Commune (INSEE) : 113 Lanmeur

CADASTRE Napoléonien

fontaines lanmeur 16

Section : B
Feuille : 2
Parcelle : 849

CADASTRE actuel 1906

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Section : AB
Parcelle : 134

COORDONNEES GPS : NORD 48 38 49,7 (source Géoportail)
OUEST 3 42 57,2 (source Géoportail)
ALTITUDE : 107 m
Carte IGN : 29 0615 ET

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BASSIN VERSANT : petit bassin de rétention naturelle sans écoulement.
Le niveau de l’eau dans le bassin est variable et dépend d’une infiltration à partir d’une source souterraine voisine.
PROPRIETE : communale
MATERIAUX de construction : Granit
DIMENSIONS Mx du monument : pas de monument
DIMENSION du bassin : il forme un demi cercle (50 cm de rayon) qui s’appuie au mur au pied de l’escalier permettant l’accès à la crypte Il est en fait délimité par deux pierres de granit ouvragées pour lui donner sa forme.
STATUE : pas de statue propre au bassin lui-même.
DATE et/ou inscription : rien de gravé
DATE de restauration : la crypte elle-même a donné lieu à restauration dans les années 90 mais le bassin n’a pas été affecté par ces travaux.

PRATIQUES et CROYANCES : l’eau du bassin avait selon la croyance populaire des vertus divinatoires sans doute héritées de rites païens très anciens.
OUVRAGES de REFERENCE : « notre crypte de St Mélar à Lanmeur » Emile Pinçon.
Fontaines rurales de Claude Berger
Le Lanmeurlien N°7 (bulletin communal)

La fontaine de Rutraon

NOM/S : RutRAON
ru = hauteur, traon = vallée : haut de la vallée.
Département : 29 Finistère
Commune (INsee) : 113 Lanmeur

CADASTRE Napoléonien

fontaines lanmeur 19
Section : B
Feuille : 2
Parcelle : 588/591

CADASTRE actuel :

fontaines lanmeur 20
section : AB
Parcelle : 84

COORDONNEES GPS :
OUEST 3 42 51,7 (source Géoportail)
NORD 48 38 59,1 (source Géoportail)
ALTITUDE : 100 m
Carte IGN : 29 0615 eT
Bassin Versant : ruisseau du Moulin de la rive orientation de l’écoulement des eaux : de l’ouest vers l’est
Propriété privée

fontaines lanmeur 21

Matériaux de construction : pierres enduites de ciment dallage en plaques de schiste ardoisier
Dimensions du monument : H : 1,30 m L : 1,57 m l : 0,96 m
Dimensions du bassin fontaine : L : 1,57 m l : 0,96 m P : 0,70 m eau = 0,30 m
Alimentation d’un bassin : l’utilisation de ce bassin comme lavoir n’est pas démontrée bien qu’elle soit vraisemblable.
Dimensions du bassin de forme ovoïde :L : 3,5 m l : 1,80 m P : 0,60 m
Statue (représentation) : Pas d’emplacement et sans doute pas de statue
Date et/ou inscription : Aucune inscription relevée
Date de restauration : L’ensemble n’est pas en état de décrépitude mais une restauration serait la bienvenue.
Pratiques et croyances : pas de spécificité connue
Historique : fontaine anciennement accessible depuis l’ancienne route de Guimaëc par un chemin charretier du domaine public, chemin aujourd’hui disparu.
La fontaine est aujourd’hui inscrite dans un terrain privé.
Ouvrages de référence : Fontaines rurales / Claude Berger
Le Lanmeurlien N° 21 janvier 1997 (bulletin Municipal)
Autre élément dans l’environnement (bassin à lin...)

 

La fontaine du Ruscoen

Repères Cadastre 1826

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Section B
Feuille 2
Parcelle 36

Cadastre actuel

fontaines lanmeur 23
Section AB
Parcelle 14 F

Coordonnées GPS
Nord 48 36 53,01
ouest 3 43 03,7
Altitude 110m
Carte IGN 29 06515ET
Bassin versant du Moulin de la Rive
Restauration 2015
Propriété communale
A consulter :
Fontaines rurales de Claude Berger
Lanmeurlien N°20 d’octobre 1996 d’Emile Pinçon

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La fontaine en granit gris et schiste ardoisier a été restaurée et son empierrement remanié lors de la création du parking en 1993.
Les modifications sont observables en comparant carte postale ancienne (vers 1920) et photo récente.
Il existait un grand lavoir très fréquenté bien visible sur le cadastre ancien et le niveau des terrains environnants était beaucoup moins élevé.
Le nom ruscoen ou ruscaouen signifie les sureaux rouges.

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Chers amis internautes ,les pages que nous vous soumettons ici sont extraites de l’ouvrage « mémoire des hommes » par le groupe patrimoine de l’Ulamir en 2010 ( 1500 exemplaires malheureusement épuisés aujourd’hui ce qui nous a donné l'idée de la présente  initiative ) .

Notre objectif en réalisant ce livre et en mettant en ligne le présent extrait qui concerne notre commune , n’est pas de veiller pieusement sur les cendres du passé , mais plutôt d’entretenir les braises de notre « petite histoire » locale pour éviter de perdre à jamais toutes les traces encore visibles autour de nous et laissées par nos prédécesseurs sur cette terre du Trégor Finistérien .

 

Eglise et chapelles

Croix et calvaires

 
chapelle-kerintron   

croix-calvaires

 

 
 Chapelle Notre Dame de Kerintron, Eglise St Mélar, Jean François Clech
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 Run ar C'hroajou, Croix du salut, Croix de keropars, ...
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Edifices civils

Guerres mondiales

 
edifices-civils guerres-mondiales  
Ferme de Keroc'hant guen, Lescor, Hôpital de la vallée, convenant cadiou, ..
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Monuments au morts, Stèles commémoratives, ..
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Autres inscriptions

   
autres    

Pour que vive l'école publique rurale, fontaine des droits de l'homme, Jack Kerouac, collège des quatre vents, ...
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A partir d’une abondante documentation où figure en bonne place l’ouvrage écrit par Emile Pinçon : « Kernitron insolite » (1), les journées du patrimoine 2013 ont été l’occasion pour le groupe patrimoine de l’ULAMIR de présenter au public un résumé illustré des différentes facettes de l’histoire de la chapelle.

Ces panneaux ont été exposés pour la première fois au public les 14 et 15 septembre 2013 dans la maison restaurée de Kernitron (ancienne maison du fossoyeur (2)).

Chacun de ces panneaux a donné lieu à une impression papier pour permettre aux personnes intéressées par une visite, de disposer sur place d’un descriptif documenté. Ces feuillets sont disponibles à l’accueil de la salle Stereden.

Pour le groupe patrimoine de l’Ulamir, Yann Lazennec

 

(1) « Kernitron insolite » est disponible à l’accueil de la salle Stéréden au prix de 10€

(2)L’histoire de la « maison de Kernitron » sera très prochainement mise en ligne sur ce même site internet.

Les cinq panneaux de photos, dessins, plans, commentaires qui ont été préparés pour les journées du patrimoine 2013 traitent des thèmes suivants :

Le prieuré

Le prieuré est un petit établissement religieux créé par une abbaye sur un domaine foncier qui lui a été donné ou restitué. Desservi par les moines de cette abbaye, il gère le temporel et envoie une partie des revenus à la maison mère.
LE PRIEURE (origine historique de la chapelle)

Architecture

L’ARCHITECTURE (les différentes phases de la construction de la chapelle depuis le XIIème jusqu’au XIXème siècle).

 

Le mobilier

LE MOBILIER (description des aménagements intérieurs de la chapelle).

Le porche sud

LE PORCHE SUD (page 1détails des sculptures et symbolique religieuse à l’époque romane).

LE PORCHE SUD (page 2 détails des sculptures et symbolique religieuse à l’époque romane).

La vie religieuse au début du 20ème siècle

LA VIE RELIGIEUSE à LANMEUR au début du XXème siècle.

Sur les pas de Saint Mélar ....

Légende et histoire

Lorsque l’on aborde Saint Mélar il est difficile de savoir quand on quitte l’histoire pour entrer dans la légende .
La présentation qui suit , inspirée par les nombreux textes existant sur le sujet ne contient aucune improvisation .
Le lecteur trouvera là l’occasion d’exercer sa perspicacité , voire d’aller plus loin s’il est intéressé , en consultant les livres qui relatent l’histoire et/ou la légende de Mélar  ( Bibliographie ).


Certains auteurs font vivre Mélar au VI siècle .

Les premiers écrits connus qui le concernent datent du XII ème siècle ; c’est dire si le temps de la tradition orale a permis à l’imagination d’enjoliver l’histoire à partir de faits réels.
La vie de Saint Mélar tirée du bréviaire de Saint Malo a été écrite en 1537 ; un autre ouvrage de référence : « la vie des Saints de la Bretagne » a été rédigée au XVII ème siècle par un moine morlaisien ( Albert Le Grand ) , mais le livre tiré de son manuscrit ne fut imprimé qu’ en 1835.
Par quels canaux les informations du VI ème siècle ont-elles été véhiculées jusqu’au XII ème siècle et aux suivants ?
l’énigme demeure en partie .

 

Yann Reith , le premier ancêtre connu de Mélar serait venu de Bretagne ( l’actuelle Grande Bretagne ) à la fin du V ème siècle , poussé à l’exil par les envahisseurs saxons .
Successeur du fameux roi Gradlon , mais apparemment sans lien de parenté avec lui , Yann Reith eut en descendance directe un fils Daniel , un petit-fils Budic et un arrière-petit-fils Méliau .

Nous y sommes : c’est ce Méliau qui est le père de notre Mélar .
Méliau était à l’époque (530-537) le seigneur – le « roi » - d’une terre dont les contours approximatifs sont ceux de notre Trégor et de notre Léon d’aujourd’hui.
Mélar était donc naturellement appelé à succéder à son père .
C’était sans compter l’ambition qu’avait un certain Rivod , roi de Cornouailles , d’étendre son royaume .
Ce Rivod n’était autre que le frère de Méliau.
Dans un premier temps , Rivod fit assassiner son frère. Il faut se souvenir qu’à cette époque ( le VI ème siècle ) les Mérovingiens commençaient d’asseoir leur règne et que les moeurs étaient souvent violentes et le respect de la vie très approximatif !
Devenu le tuteur légal de Mélar ( 531-544 ) alors âgé de 7 ans , Rivod se rendit compte rapidement qu’il avait là un concurrent potentiel à la domination du royaume . Il prit donc le parti de l’éliminer à son tour et – pour ce faire - soudoya ses précepteurs pour qu’ils l’empoisonnent.

Cet épisode de la vie de Mélar , comme ceux qui vont suivre ont été illustrés par des panneaux sculptés visibles encore aujourd’hui sur la chaire de l’église de Lanmeur.


( Ces panneaux furent réalisés chez Caujean à Landerneau ) .

Mélar empoisonné .

saint-melar-empoisonneA l’occasion d’un repas Mélar fit un signe de croix au-dessus des mets pour s’en remettre à Dieu . Un premier miracle s’accomplit , faisant apparaître aux yeux de tous le poison versé sur les plats . Les coupables se confondirent en excuses et implorèrent le pardon de Mélar qui, magnanime, le leur accorda .
L’assemblée des tiers décida alors de mettre l’enfant sous la protection de l’évêque de Quimper qui lui-même le confia pour sa formation au comte Kérialtan qui en devint dès lors responsable .
Rivod ne désarma pas pour autant et monta un nouveau projet d’assassinat en demandant aux exécutants pressentis de décapiter Mélar .
A peine ceux-ci furent-ils mis en sa présence que touchés par la grâce ils renoncèrent à leur forfait et implorèrent la clémence de Rivod . Celui-ci feignit de se laisser fléchir mais décida plutôt d’amputer Mélar de sa main droite et de son pied gauche , l’empêchant ainsi de manier l’épée et de monter à cheval ce qui lui barrait définitivement – pensait-il - la route du pouvoir.

Amputation de Mélar

saint-melar-amputationC’était sans compter sur une nouvelle manifestation de la puissance divine .
Lorsque ses blessures furent cicatrisées on lui confectionna une main d’argent et un pied d’airain qui miraculeusement grandissaient en même temps que son corps lui permettant de compléter sa formation de chevalier.

 

 

 

 

Mélar chevalier

saint-melar-chevalierMélar , toujours sous la protection de l’évêque de Cornouailles reçoit du comte Kerialtan l’éducation qui sied à un prince .
la détermination de Rivod , informé de la situation, ne s’en trouva nullement ébranlée .
Toujours rongé par l’ambition et la jalousie , il réussit à corrompre Kérialtan pour qu’il assassine Mélar en le décapitant et lui rapporte sa tête avant de toucher la récompense convenue .
Ce projet est déjoué grâce à l’intervention de Rarisia l’épouse de Kérialtan , qui informa Mélar des risques qu’il encourait . Celui-ci décide alors de s’enfuir , de franchir les Monts d'Arrhées et de se réfugier chez son oncle Conomor seigneur du château de Beuzit/La Boissière à Lanmeur , ( aujourd’hui le lieu dit Ru-Peulven sur la route de Plouezoc'h à quelques centaines de mètres de la ville ) .
Kérialtan accompagné de son fils Justin réussit à retrouver la trace de Mélar qui, prévenu de l’arrivée des visiteurs, les reçoit volontiers .
Saisi de joie à la vue de son précepteur , Mélar accepte de l’accompagner pour lui faire découvrir la région , sans se douter du traquenard qui l’attendait .
Kérialtan l’invite à dîner dans l’hostellerie de la ville que la légende situe à l’emplacement de l’actuelle banque en face l’église sur la place de la ville .
Au moment de se séparer , Justin , sur un signe de son père assène un grand coup d’épée sur la tête de Mélar avant de le décapiter et de s’enfuir après avoir mis la tête dans un sac .

Mélar décapité

saint-melar-decapiteUne autre version prétend que c’est pendant son sommeil que Mélar aurait été décapité dans cette même hostellerie .
Quoiqu’il en soit , Kerialtan et Justin , une fois le forfait accompli, s’empressèrent de prendre la fuite . Justin se tua en sautant par la fenêtre . Kerialtan réussit à regagner Quimper ou il mourut rapidement après être devenu aveugle et donc sans avoir bénéficié des terres promises par Rivod qui lui-même succomba trois jours plus tard frappé par la justice divine .
C’est ainsi que Mélar fut sanctifié par la mémoire et la tradition populaire et devint Saint Mélar comme le fut d’ailleurs son père Méliau ( ou encore Milliau , voire Milliau ) .

yann Lazennec

Groupe patrimoine de l'Ulamir

 

La sépulture

Averti de l’assassinat de son protégé , le conte Conomor ( voir légende et histoire ci-dessus ) fit lever le corps et en attendant les funérailles le fit porter en la chapelle de son château de La Boissière ou Castel Beuzit appelé quelques fois " douves de Saint Mélar " .
Le corps fut ensuite placé sur un char pour être conduit dans les environs de Lannion ( au lieu dit Lexobie ) , ou se trouvaient les tombeaux de ses ancêtres .
Malgré la direction que l’on s’efforçait de faire prendre aux chevaux blancs , ou bien était-ce des boeufs ?

qui tiraient l’attelage , ceux-ci – après que le char se fût rompu - s’arrêtèrent dans la ville , à l’endroit ou se situe l’église d’aujourd’hui .
On comprit ainsi que Dieu voulait que le corps du Saint fût enterré à cet endroit ou coulait un petit ruisseau à ciel ouvert . Aussi l’évêque de Dol bénit-il ce lieu et y fit inhumer le corps .
On peut imaginer que le sarcophage en granit qui finit par disparaître au XIX ème siècle, c'est-à-dire très récemment en fait , était protégé par une construction dont nous ne savons plus rien aujourd’hui .
Ce n’est que plus tard , le martyre du jeune prince en ayant fait un Saint dans la conscience populaire , que fût érigé le monument que nous connaissons : la crypte de Saint Mélar ( voir ci après ) .

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saint-melar-crypte-00La Crypte

Au delà de son histoire et de ses caractéristiques, la renommée de la crypte reste très liée à l’importance de Mélar dans l’histoire de Lanmeur en sa triple qualité de prince d’abord , de martyre ensuite , et enfin de Saint.
( voir "légende et histoire" ) .
Avant que les archéologues ne commencent à s’y intéresser vers 1930 , la crypte fut présentée par le chevalier de Fréminville comme : "une église souterraine qui ressemble bien certainement aux premiers temps du christianisme avec ses voûtes basses , ses arcades surbaissées et à plein cintre soutenues par de lourds piliers attestant bien l’architecture des premiers siècles de notre ère » .

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Mais les érudits continuent à se disputer :
Certains font remonter sa construction au VIème – VIIème siècle , tandis que d’autres , rendus plus prudents peut-être par l’absence de preuves irréfutables , la situe à la période pré-romane (IXème – Xème siècle) voire à la période romane (Xème – XIème siècle) .
Cette crypte reste néanmoins l’un des plus vieux monuments religieux de Bretagne , et peut-être le plus vieux comme l’affirment certains guides .
En revanche, on peut très certainement accorder foi à l’argument en faveur des moines envoyés à Lanmeur par Saint Samson lui-même , peu après le meurtre de Mélar qui , après avoir bâti le monastère de Kernitron ont très bien pu édifier un monument funéraire destiné à perpétuer le souvenir du jeune martyre .
Ce monument devint notre crypte au-dessus de laquelle fut ensuite construite une église dédiée à Saint Mélar( mais aussi à Saint Samson , entre temps disparu ) .
Cette vénérable construction , empreinte de la foi du passé s’est trouvée avec le temps pratiquement ensevelie sous le niveau du sol actuel ; mais il n’en a pas toujours été ainsi .
Dans chacun des murs latéraux sont percées des petites fenêtres très étroites avoisinant de façon frappante les pilastres correspondant aux piliers décorés .

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Selon un relevé de 1851 ( archives des monuments historique 34219 que nous reproduisons ci-dessus ) , trois fenêtres étaient percées dans chacun des murs latéraux . Les deux plus proches de la fontaine , laquelle est située au pied de l’escalier d’accès actuel ont été bouchées lors de travaux de consolidation , au moment semble t-il de la reconstruction de l’église en 1902/1903 .
Ces fenêtres n’ont que 20/25cm d’ouverture entre leurs tableaux mais avec des ébrasements très marqués vers l’intérieur .
Ces ouvertures servaient à éclairer l’oratoire à l’époque ou il n’était pas complètement enfoui sous terre ; elles pouvaient aussi servir à regarder de l’extérieur le tombeau du Saint dont on peut imaginer qu’il était situé entre les deux piliers décorés .
Le monument tout entier fait 8,78 m de longueur et 5,07 m de largeur, il est donc modeste maisnéanmoins divisé en trois petites nefs par deux rangées de quatre piliers cylindriques
qui reposent presque tous directement sur le sol , y compris les deux plus gros qui sont les seuls décorés de sculptures à leur partie inférieure. Ces piliers , contrairement à ce qui est parfois écrit , ne sont pas tous monolithiques . Il pourrait en fait s’agir de réemploi en provenance d’autres édifices . Cependant ils sont tous les huit surmontés d’un chapiteau alors que seulement les deux plus éloignés de la fontaine sont posés sur un socle .
Beaucoup d’hypothèses ont été émises au sujet des sculptures dans lesquelles certains auteurs voyaient des serpents entrelacés , ou encore des algues , d’autres même un symbole hindou , d’autres encore des tiges végétales plus ou moins courbées avec des rudiments de feuilles ou de fruits à leur extrémité .
En fait les fouilles d’avril 1985 en dégageant la base des motifs ont permis de trancher le débat :
Coté nord la « chose » représentée s’appuie sur une large racine . La plante identifiée par Philippe Guigon serait un ophioglosse , plante qui s’avère proliférer en milieu humide ce qui rend l’explication très cohérente Mais cette décoration est extrêmement rare et il serait bien sûr intéressant de connaître l’origine de ces piliers .

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Il est aussi à noter que le dallage a été modifié à plusieurs reprises au cours des siècles pour permettre entre autres choses la réfection du système de drainage . Quelques images ( voir le dessin ci-dessous ) laissent croire à un édifice de belles dimensions si l’on se réfère à l’échelle des personnages . En fait il n’en est rien ; ce dessin est très trompeur !

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Même si la réfection du dallage a pu entrainer une très légère modification du niveau du sol fini , la réalité surprendra le visiteur qui devra être prêt à courber la tête surtout en passant sous les voûtes dont la hauteur ne dépasse guère 1,60 m. ; les personnages représentés ne sont par conséquent pas du tout à l’échelle du dessin .
Quant aux piliers , y compris la hauteur des chapiteaux , ils mesurent 1,30 ou 1,35 m. ; ce qui supposerait que les personnages du dessin mesuraient à peu près  1m, cela ne semble pas très réaliste .
Le visiteur notera également en vis-à-vis de l’escalier actuel qui dessert la crypte une voûte marquant l’arrivée d’un second escalier très certainement créé pour faciliter la circulation des fidèles , voire encourager une circulation à sens unique au moment des grandes célébrations de Saint Mélar .
Rappelons ici quelques repères :
L’église d’origine ( construite au-dessus de la crypte ) dont on situe la construction entre le IXème et le XIème siècle fut agrandie en 1540/1550 donnant lieu à une première consolidation de la voûte de la crypte qui devait supporter le choeur .
En 1659 le drainage sous le sol de la crypte fut totalement renové , entrainant la pose d’un nouveau dallage .
En 1766-1768 des cloches furent installées .
En 1790 le réseau d’évacuation des eaux fut à nouveau remanié et l’accès sud de la crypte obturé comme le furent vraisemblablement les deux premières fenêtres en vis-à-vis sur les faces nord et sud . Toutefois la voûte construite au pied de cet accès sud existe toujours et reste visible en face du débouché de l’actuel escalier .
En 1902-1903 enfin fut entreprise la construction d’une nouvelle église , l’ancienne ayant été totalement démantelée . Une nouvelle fois cela donna lieu à renforcement de la crypte , mais sans affecter les dispositions d’origine .

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Revenons un instant au pied de l’accès nord à la crypte ( l’escalier actuel ) pour nous attarder une seconde sur la « fontaine » de fort modestes dimensions , toujours remplie d’eau claire , sans que l’on sache vraiment ni d’où vient cette eau , ni où elle va .
On a voulu y voir une fontaine druidique ! d’autres prétendent que l’eau qu’elle contenait servait à l’administration de baptêmes !
Quoiqu’il en soit , elle partage la dévotion populaire dont jouit toute la crypte de Saint Mélar .
On imagine volontiers le pèlerin passant devant la fontaine – dans laquelle il jette une pièce – contournant le sarcophage situé entre les deux gros piliers sculptés , faisant une génuflexion devant l’autel installé au fond de la crypte où est installée aujourd’hui une statue de Saint Mélar et ressortant par la porte sud.
Notons pour terminer que la crypte a été classée monument historique en 1851.
Yann Lazennec

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Pour en découvrir davantage , consulter la bibliographie  et aller voir la crypte.
Pour une visite guidée cliquer sur les liens suivants :
www.tourisme-morlaix.com/lanmeur-melar-crypte.fr
www.tourisme-morlaix/crypte-rpmane-lanmeur-bretagne.fr

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Les fouilles

A la suite d’une décision de l’administration des monuments historiques de restaurer la crypte, une campagne de fouilles fut entreprise en avril 1985 ,  la crypte fut ensuite remise en état  en Juillet 1991 ; cela explique l’aspect récent du rejointoiement des pierres de voûtes et des murs , ainsi que certains enduits , en particulier à l’endroit ou se trouvaient deux fenêtres aujourd’hui murées.
Ces fouilles permirent de conforter un certains nombre d’hypothèses relatives à l’évolution du bâtiment au fil du temps . Par exemple que le problème d’une eau parfois trop abondante avait été pris en compte dès l’origine de la construction .
La refection du dallage en 1659 permit de mettre à jour un empierrement ancien qui ramenait l’eau à un puisard situé approximativement au centre de la crypte .
Ce puisard s’étant avéré très insuffisant à de nombreuses reprises et au cours des travaux de 1659 un nouveau réseau de canalisations fût installé , ainsi que le petit bassin( « fontaine » ) . Il est à noter que les pierres en arc de cercle qui délimitent le bassin  de nature différente ( granit et grès ) le relèvent d’un cercle de 65 cm de diamètre et pourraient provenir d’une cuve de rouissage du lin.

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Les inondations de la crypte n’ont pas cessé pour autant et ce n’est qu’après la création d’un tout à l’égout dans la ville de Lanmeur en 1967 qu’elles se sont estompées . Entre temps , en 1790 a été aménagé dans la direction nord-sud un canal d’évacuation des eaux qui passe sous la crypte et par conséquent sous la nef de l’église supérieure dont on découvrit alors qu’elle reposait sur une forêt de pieux en bois ; ce qui laisse supposer que l’endroit a pu être un lieu de culte antérieur au christianisme.
Tout cela n’a pas empêché les infiltrations d’eau de perdurer. Pendant les travaux de 1985 il a fallut installer une pompe qui  dut fonctionner en permanence pendant toute la durée des travaux .
Quoiqu’il en soit , ces mêmes fouilles de 1985 ont permis de confirmer que les dessins figurant sur les deux gros piliers ( seuls décorés ) représentaient bien une plante qui se développe en milieu humide : des ophioglosses dont les racines apparurent alors au dessous du niveau du dallage indiquant que le sol avait été légèrement remonté au cours des siècles , peut-être pour diminuer la nuisance résultant des inondations par trop fréquentes ?
Les dalles utilisées sont probablement , en tous cas en partie , des dalles funéraires datant de la fin du XVIème siècle, l’une d’elle portant gravées les lettres A GRALL . On peut bien sûr regretter que le dallage d’origine fait de morceaux de schiste beaucoup plus petits n’ait pu être remis en place .
Quant aux piliers il est difficile de dire s’ils ont été taillés pour les besoins de la crypte elle-même au moment de sa construction ; certains chercheurs supposent plutôt que ce sont des pierres de réemploi (1) .
Avant de poursuivre avec quelques informations sur le mobilier archéologique mis à jour au
cours de ces fouilles , revoyons encore une fois quelques dates marquantes :

  • Xème-XIème siècle : construction de la crypte .
  • 1540-1550 : agrandissement du choeur de l’église supérieure .
  • 1659 : construction d’un réseau de drains et dallage de l’ensemble de la surface au sol .
  • 1766-1768 : restauration de la nef de l’église supérieure .
  • 1790 création d’un canal sous-terrain – Pont ar Christ - et obturation de l’accès sud à la crypte .
  • 1853 : réfection de la toiture de la nef avec des ardoises de Locquirec .
  • 1985 / Avril : début de la campagne de fouilles .
  • 10 décembre 1902 : démarrage des travaux de construction de la nouvelle église .

Revenons maintenant aux fouilles elles mêmes .

Dans la troisième travée de la nef , celle qui est située au sud c'est-à-dire à l’opposé de l’accès actuel , a été découvert sous le dallage de 1659 une sorte de brancard en bois , probablement une " fiertre " servant à l’époque à transporter les dépouilles des défunts .
Parmi les autres objets mis à jour pendant ces fouilles, on notera de nombreuses pièces de monnaies ( 426 au total ) ainsi que des objets de piété dont une croix de chapelet représentant Sainte Anne , des grains de chapelet (en buis , en verre , en ivoire) , des médailles pieuses pour la plupart des XVII et XVIIIème siècles , et aussi des pendeloques très anciennes .
Par ailleurs , cachés dans une cavité du granit sous le petit bassin ( fontaine ) ont été découverts des fragments d’ossements ( dont l’analyse a montré qu’il s’agissait d’ossements humains ) , des épingles , un petit cône façonné à partir d’une feuille de laiton .
Dans l’ordre chronologique , les objets les plus anciens sont les pendeloques ( ornements suspendus à un collier ou à une boucle d’oreille ) .

 

Les pendeloques (3) – en os – sont datées du VIII-IXème siècle .

Les épingles pourraient avoir été utilisées pour fermer des bourses ou des aumônières .
Une autre version les rattache à cette tradition voulant que les jeunes filles qui jetaient une épingle dans le bassin étaient assurées de se marier dans l’année si tant est que l’épingle voulait bien flotter quelques instants à la surface de l’eau .
Le cône en laiton lui , serait ce qui reste d’un pinceau de maquillage datant du haut moyen âge et donc contemporain des pendeloques .
Comment des objets aussi hétéroclites ont-ils pu arriver à cet endroit reste un mystère .
Les deux pièces de monnaies les plus anciennes sont deux deniers d’argent attribuables à Conan III Duc de Bretagne de 1112 à 1148 . Très curieusement on ne retrouve ensuite que deux pièces datant de la période 1580/1600 . Quatre siècles ? est-il possible que le sanctuaire ait été délaissé pendant une période aussi longue ? aucune explication satisfaisante n’a pu être donnée jusqu’à ce jour .
D’autres monnaies s’étalent sur la période 1610/1700 ; beaucoup datent de l’époque Louis XIII ( 55 pièces ) et  Louis XIV ( 31 pièces ) .Cela traduit-il un regain d’intérêt pour la crypte et le culte de Saint Mélar ? sans doute .
Enfin 8 pièces datent de l’époque révolutionnaire ( 1790/1799 ) (2).


saint-melar-crypteLes pendeloques évoquées plus haut remontent elles aussi au moyen âge et sont donc à peu près contemporaines de la tôle en laiton , alors que les croix ou images pieuses sont beaucoup plus récentes ( XVII , XVIIIème siècle ) .
Enfin , d’autres objets mais d’un intérêt très limité ont aussi été mis à jour ( éléments de vitrage résille en plomb , ardoises de couverture , un dé à jouer ………. ) ; nul doute que ces objets soient en rapport avec les travaux de rénovation de l’église supérieure .
Notons pour terminer que la statue de Saint Mélar toujours visible aujourd’hui au fond de la crypte - à l’endroit ou se trouvait un autel au moyen âge - date du XVIIIème siècle et ne relève  évidement pas des fouilles .

yann Lazennec

groupe patrimoine de l’Ulamir.
(1) L. Pape « la civitas des osimes à l’époque Gallo-Romaine » - Paris 1978 A 118
(2) A. Bigot « Essai sur les monnaies du royaume et du duché de Bretagne » - Paris
1857 page 49 VII N°6 .
(3) P Guigon « les pendeloques de la crypte de Lanmeur (Finistère) « .
Revue archéologique de l’ouest T II 1985 pages 121 125

 

Le Sarcophage

Curieusement nous savons très peu de chose sur le sarcophage ayant servi de cercueil à la dépouille de Saint Mélar .

Philippe Guigon ( voir bibliographie à la fin de « la crypte » ), auteur de plusieurs articles sur le sujet dans le bulletin de la société archéologique du Finistère à qui nous avons emprunté beaucoup d’informations pour nourrir l’histoire de St Mélar , ne le mentionne même pas .

 

Le lecteur se souviendra pourtant que nous avons souligné en décrivant la crypte qu’elle comportait trois travées .
On suppose que la travée centrale accueillait le sarcophage , les travées nord et sud servant de déambulatoire pour les fidèles venant prier devant la dépouille .
Nous nous souviendrons également que les fenêtres aménagées dans les murs nord et sud de la crypte permettaient selon toute vraisemblance aux regards extérieurs de découvrir précisément le centre de la crypte et donc le sarcophage .

 

En 1900 J.M. Le Joncour , prêtre à Plestin les Grèves relève sous forme d’un dessin une inscription gravée sur la pierre en forme d’arc de cercle qui délimite la partie gauche du petit bassin semi-circulaire .
Malgré un moulage sur place et malgré toute l’attention prêtée à cette inscription , elle n’a jamais pu être déchiffrée .
J.M. Le Joncour a supposé – mais à tort – que cette pierre pouvait provenir « du cercueil primitif de St Mélar » . Il appartenait plutôt à une cuve de rouissage du lin (1) comme nous l’avons déjà évoqué ici .
Le sarcophage était selon Louis Le Guennec (2) en « pierre de grain » , c'est-à-dire en granit .
Ce même Louis Le Guennec indique qu’il fut enlevé de la crypte pour être placé au dessus du maître autel dans le coeur de l’église supérieure où il était encore visible dit-il à la fin du XVIIème/début du XVIIIème siècle .
Aurait-il été déplacé en 1540 au moment de l’agrandissement du choeur de l’église supérieure ? ou encore en 1659 pour faciliter le chantier de drainage et la réfection du dallage à cette époque ?
Il semble tout à fait étrange qu’aucune information précise ( à notre connaissance ) , n’ait pu être découverte jusqu’à ce jour sur un bloc de granit probablement très lourd à déplacer !
L’énigme demeure .

Yann Lazennec

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(1) communication personnelle de Yves-Pascal Castel faite à Philippe Guigon en 1988 .
(2) L. Le Guennec « guide du pays de Lanmeur » p. 33/34 Morlaix 1912

 

Les reliques

Que sont devenues les reliques de Saint Mélar ?

Au cours de la seconde moitié du IXème siècle les moines de Kernitron ( qui étaient vraisemblablement les constructeurs et gardiens de la première crypte ) ont dû quitter le pays , fuyant les invasions Normandes et leurs saccages ( le village a été détruit puis incendié en 877 ) . Dans leur exode les moines emportèrent bien entendu leur précieux trésor qui reposaient jusque là dans le sarcophages lui-même déposé dans la crypte comme nous l’avons précédemment décrit . Ces reliques furent transférées dans un premier temps pour partie à l’Abbaye de Redon (1) et pour partie à celle de Léhon à coté de Dinan . Ce ne fut qu’une étape sur le chemin de leur dispersion car les moines de Léhon à leur tour durent fuir devant l’envahisseur . Par la suite on en retrouve la trace à l’abbaye parisienne de Saint Jacques du Haut Pas ou les reliques furent partagées pour satisfaire la demande de nombreux monastères ou paroisses ( Orléans , Meaux et même un couvent de religieuse à Amesbury en Grande Bretagne ) . Comme pour les reliques de beaucoup d’autres saints , cet éparpillement géographique a largement contribué à la diffusion du culte de Saint Mélar qui , déjà saint patron de Lanmeur a été adopté par plusieurs autres paroisses dont Locmélar entre Landivisiau et Sizun dans le Finistère dont l’église abrite une relique de l’un des bras de Saint Mélar . A Lanmeur , en revanche, la relique - à notre connaissance - n'a jamais été authentifiée . Ce modeste fragment (voir photo ) est présenté à la vénération des fidèles le jour du pardon .

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Yann Lazennec - Groupe patrimoine de l'Ulamir

(1) D.B. Degremont « Recherches sur Saint Mélar , Méloir ou Mélor » - Bulletin de la Société Archéologique du Finistère - Tome CI 1973 p 328 332 .

Fin de l’histoire

Dans les chapitres précédents nous nous sommes efforcés d’éclairer la légende de saint Mélar sans perdre de vue les points de repères historiques liés au personnage . C’est sans nul doute l’émotion et la pitié suscitées par la mort injuste et cruelle d’un prince modèle mais surtout grâce au récit romanesque du moine Albert Le Grand que l’image du saint a eu une telle influence sur les communes alentours. Les lignes qui suivent permettront au lecteur intéressé de suivre le fil de cet essaimage et le cas échéant de trouver un but à ses promenades dans notre proche environnement.

 

st-melar-2013-06-10L’église Saint Mélar de Lanmeur

  • Juste à droite du portail sud avant de pénétrer dans l’église une grille recouvre une partie d’un tunnel appelé « pont ar Christ » permettant à un ruisseau , le Lapic de passer sous l’édifice en direction du nord vers la mer .
  • Un lavoir municipal récemment restauré , situé à 50m au nord de l’église , atteste encore aujourd’hui de l’existence de ce ruisseau qui alimente le lavoir et poursuit son cours dans la petite vallée.
  • C’est donc à cet endroit alors en pleine nature au VIème siècle - et aujourd'hui sous l'église - que les taureaux (ou les chevaux ?) blancs tirant le char qui portait le corps de saint Mélars se sont « par la volonté de Dieu » embourbés dans les marais du Lapic .
  • A cet endroit fut édifiée une première chapelle funéraire – en bois – pour abriter le corps du jeune martyr bientôt sanctifié par la voix populaire .

st-melar-2013-06-09La crypte

Elle a été largement décrite dans un chapitre précédent. Nous nous souviendrons tout de même de la statue de saint Mélar en robe monacale dont on peut noter qu’elle a perdu sa « palme du martyre» ; cette statue est probablement du XVIIIème siècle.

Le château de Beuzit

La Boissière et les douves de saint Mélar ( en breton : douvejou sant mélar ) sont situées sur la route qui conduit de Lanmeur à Plouezoc’h à environ 1km du bourg au lieu dit Rupulven . Une villa gallo-romaine était probablement implantée à cet endroit devenu ensuite une motte féodale puis un château fort qui fut détruit au XVIème siècle , pendant les guerres de la Ligue .

st-melar-2013-06-08Les fossés se devinent encore et sur le coté d’un sentier on peut découvrir , lorsqu'il n'est pas caché par la végétation , un bloc de diorite au creux duquel une cavité pourrait ressembler à l’empreinte d’un pied . C’est selon la légende le " sabot de saint Mélar " sur lequel il aurait régulièrement pris appui pour se mettre en selle .

Il pourrait s’agir c'est vrai d’un " perron " , cette pierre qui servait d’appui pour monter à cheval, ou encore d’une " pierre de serment " utilisée dans les cérémonies rituelles de passation de pouvoir et très fréquentes en Bretagne , mais aussi en Irlande et en Ecosse .

st-melar-2013-06-07Saint-Jean du-Doigt

Depuis le village de Saint-Jean-du-Doigt un chemin balisé permet d’accéder à la chapelle Saint Mélar construite en 1601 et agrandie en 1621 . Cette chapelle en très mauvais état au début du XXème siècle a été restaurée de 1975 à 1978 grâce à l’association des amis de Saint Mélar , association à laquelle nous avons emprunté beaucoup des informations présentes dans cette page . Nous remercions sincèrement ici de nous avoir autoriser l'accès à leur travail .

  • A l’intérieur de la chapelle une statue de saint Mélar dans la tradition et la posture qui évoque son martyre est toujours visible .
  • La  croix située à l'extérieure de la chapelle fût érigée en 1786 ; en contre bas en descendant vers la vallée des moulins la fontaine qui date du XVIIème siècle est toujours accessible.
st-melar-2013-06-05 st-melar-2013-06-06


 

st-melar-2013-06-04La statue ci-contre est beaucoup plus ancienne que la précédente .
Elle se trouvait dans la chapelle jusqu’à ce qu’un riche Américain en fasse l’acquisition en 1937 .
A sa mort son héritière en a fait don au Musée de Morlaix ou elle est toujours entreposée .

 

st-melar-2013-06-03Plougasnou

La trace de saint Mélar se retrouve dans le vitrail du chevet de l'égise parroissiale ( l'église Saint Pierre ) où il apparaît parmi neuf autres saints entourant le Christ et la vierge . Pour le repérer il faut observer attentivement la manière dont il maintient le livre saint dans lequel il est plongé, grâce à sa seule main droite , celle dont il fut amputé et qui s’est miraculeusement reconstituée .

st-melar-2013-06-02Plouezoch

La chapelle du Mouster ( « monastère » en breton ) se situe sur un tertre entre les lieux dits « foën » et « pen ar guer » un peu à l’écart de la route qui mène de Lanmeur à Plouezoc’h . Autrefois on pouvait y voir une statue de saint Mélar qui portait sa tête dans sa main gauche alors que pendait le moignon de sa main droite

Guimaëc

A Guimaëc il ne reste plus aujourd’hui que quelques pierres ayant appartenu à la chapelle "névez"datée de 1636 et dédiée à saint Mélar . Une statue ancienne de Saint Mélar en bois polychrome est aujourd’hui visible dans le chœur de l’église du village. Non loin de là , une fontaine dite « miraculeuse » dont le linteau porte l’inscription 1637 gravée dans la pierre a été restaurée en 1974 .

st-melar-2013-06-01Locquirec

Le maître -autel de l’église de Locquirec est orné de cinq panneaux appliqués en bas relief et représentant saint Claude , saint Jean- Baptiste , saint Jacques ( le saint patron de l’église ) , saint Mélar (latinisé en "sanctus Mélorius" ) et enfin sainte Barbe . On remarquera que saint Mélar tient toujours dans sa main droite la main amputée mais qui s’est miraculeusement reformée et Dans sa main gauche un sceptre attribut de la royauté comme la couronne posée sur sa tête . Il est revêtu d’un inhabituel manteau parsemé d’hermines .

Jean-François Clec’h, chanoine, curé-doyen de Lanmeur de 1825 à 1870, repose au cimetière.

 

Il fut curé doyen de Lanmeur et du canton pendant plus de 45 ans jusqu’à sa mort en 1870.
Ses paroissiens étaient pleins de respect pour sa vie simple et austère et  admiraient sa culture.
C’était aussi un guérisseur, nous dirions aujourd’hui un thérapeute. Il soulageait  ses visiteurs, de leurs maux (ceux du corps aussi bien que ceux de l’esprit) et ce, gratis. Cependant il était fréquemment remercié par des dons (francs,  louis d’or, napoléons) qu’il conservait.
A son décès, le magot était assez important pour qu’on envisageât la construction du presbytère toujours visible à côté de la Mairie.

 

Après sa mort  en 1871 et le transfert de sa dépouille en 1881 dans cimetière actuel, on y roulait les nourrissons sur sa tombe les « tri l’un de Mis Mae » (trois premiers lundis de mai) après les avoir au préalable  trempés dans la fontaine de Leslec’h (Kernitron) et avant de les présenter à l’autel de la Vierge dans la chapelle. Ce rite ancien plus ou moins christianisé était destiné à assurer aux bébés des jambes bien droites ; il dura jusqu’à la guerre de 1914-1918.
Même mort, l’abbé Clec’h guérissait encore !

Tombe de l’abbé Clec’h, la troisième à gauche, passé le chevet de l’église, en entrant par l’accès principal au cimetière.

Epitaphe sur la dalle du monument funéraire:

ICI REPOSE / Monsieur Jean CLEC’H / Chanoine honoraire /M Curé de Lanmeur : Mort le 14 Avril 1870 / Agé de 81 ans
Dilectus Deo et hominibus / Cujus memora in / benedictione es / Ls CORVEZ MORLAIX.

Extrait de « mémoire des hommes » par la section patrimoine de l’Ulamir

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